Santé de fer pour la pierre

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Comment les notaires voient-ils les deux prochains mois ? Pleins d’entrain depuis qu’ils ont été déconfinés, les Français font de nombreux projets ! Avec un intérêt marqué pour l’immobilier puisque les intentions d’achat ont fleuri cet été tandis que les prix n’ont pas connu de forte poussée ! Voilà des résultats qui témoignent de la santé préservée du marché.

Immonot.com publie tous les deux mois la tendance du marché immobilier. Cette dernière est issue d’une enquête nationale réalisée courant septembre 2020 auprès d’études notariales réparties sur toute la France, décryptée par le Professeur Bernard Thion pour Immonot.com.

Retrouvez ci-jointe la synthèse de cette enquête en infographie.

 

L’activité : les ventes au beau fixe

 

En dépit du nouvel engouement des citadins pour les maisons à la campagne, on pouvait s’attendre durant cette période estivale à un léger répit de l’activité immobilière. Or, il n’en a rien été, bien au contraire. Alors que parmi nos négociateurs, 17 % prévoyaient un affaiblissement de leur activité et 42 % son amélioration, ils ne sont que 13 % à avoir constaté une baisse contre 65 % une hausse du nombre des transactions. Du jamais vu depuis que cette rubrique existe ! Près de Compiègne Eric Fossiez résume ainsi la situation : « Grosse activité en juillet et août avec beaucoup de biens vendus. Le marché entre en « pénurie de biens à vendre » avec une stabilité des prix ». Mais cette évolution particulièrement favorable ne peut durer indéfiniment. C’est ainsi qu’une majorité de nos correspondants redoutent un tassement d’activité lors de la rentrée. D’où une chute tout aussi étonnante dans leur prévision, un bon tiers (36 %) prévoyant une baisse contre 20 % anticipant une poursuite de cette situation fort propice aux affaires.

 

Évolution des prix : pas de coup de chaud

Il peut paraître étonnant que cette recrudescence de la demande de biens immobiliers n’ait pas entraîné une augmentation de leur prix. L’une des explications serait que, dans un avenir très incertain, la peur des vendeurs de ne pouvoir trouver rapidement un acheteur ne les ait amenés à modérer leurs exigences. Ainsi, la proportion des négociateurs prévoyant une hausse du prix des logements s’effrite légèrement en passant de 22 % à 20 % alors qu’elle s’établit à 11 % pour les pessimistes, une majorité penchant toujours pour leur stabilité. Il en résulte un solde d’opinions de 9 %. Ce solde s’élève à 14 % pour les terrains, en légère augmentation par rapport à notre précédente enquête.

Pour les commerces, cette répartition est de 53 % pour la baisse des prix, 44 % pour leur stabilité et 3 % pour leur amélioration. D’où une très modeste élévation du solde qui pourrait correspondre à la légère amélioration du commerce de proximité au détriment de celui des grandes surfaces.

 

Le conseil des notaires : climat propice à la vente

Cette apparente urgence dans la multiplication des transactions immobilières semble être, pour partie, la traduction d’une inquiétude sur l’avenir. Le conseil des notaires, qui s’oriente dans 86 % des cas vers la vente plutôt que vers l’achat en premier, alors qu’en majorité ils prédisent une augmentation même légère des prix, est probablement un témoin de leurs appréhensions. Mieux vaut une bonne affaire immédiatement car on n’est pas sûr qu’elle puisse se reproduire dans un futur proche. En juin, on pouvait encore imaginer que la tempête économique soulevée par le coronavirus serait plus ou moins apaisée à la rentrée. Sachant que la période de confinement avait débouché sur une forte augmentation de l’épargne des ménages on pouvait aussi parier sur une reprise économique durable et donc différer un projet immobilier. Or, l’épidémie de coronavirus semble loin d’être maîtrisée, ce qui devrait impacter l’évolution du marché et amener acheteurs et vendeurs à maintenir leurs plans voire à les précipiter.

 

2020-10-05T14:38:10+01:00